
Depuis l’enfance, je ressens profondément ce que les autres portent en eux : émotions, tensions, silences, mouvements invisibles.
Très tôt, j’ai senti que je percevais le monde autrement.
Longtemps, j’ai cru que cette intensité était un fardeau — presque un défaut de fabrication dans un monde bien normé.
Alors je me suis adaptée.
J’ai appris à faire taire mes sensations, à rentrer dans le cadre, à fonctionner comme si tout allait bien.
Mon corps, lui, n’a jamais cessé de parler.
Asthme, eczéma, allergies, troubles neurologiques, troubles ORL à répétition…
Comme si chaque système cherchait à exprimer ce que je n’osais pas dire.
J’ai parfois l’impression d’avoir vécu mille vies en une, tant l’intensité était constante et la souffrance presque devenue ordinaire.
Jusqu’au jour où j’ai compris le fil invisible qui reliait tout cela :
Un corps en tension continue.
Le stress de devoir m’adapter pour exister.
L’effort permanent pour correspondre, pour faire, pour tenir.
La fatigue de vivre à contre-rythme de moi-même.
Puis quelque chose s’est inversé.
J’ai découvert que mon corps n’était pas fragile.
Il était précis.
Intelligent.
Il était ma boussole.
En l’écoutant, j’ai cessé de me battre contre moi-même.
La lutte est devenue présence.
La tension est devenue conscience.
Aujourd’hui, je chemine dans cette alliance entre rigueur et intuition, structure et liberté, concret et subtil.
Et c’est depuis cet endroit que j’accompagne celles et ceux qui se sentent “trop”, “à côté”, ou simplement épuisés de se suradapter.
Un espace pour ralentir.
Respirer.
Se réguler.
Retrouver leur propre rythme.
Si vous êtes ici, ce n’est pas un hasard.
Une part de vous sait déjà qu’il est temps d’avancer autrement — avec votre unicité, et non contre elle.
Jessalynn
