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Depuis l’enfance, je ressens profondément ce que les autres portent en eux.

Les émotions.
Les tensions.
Les silences.

Tout ce qui ne se dit pas forcément, mais que l’on sent quand même.

​

Très tôt, j’ai compris que je percevais certaines choses autrement.

Et pendant longtemps, j’ai surtout cru que c’était un problème.

Que j’étais trop sensible.
Trop touchée.
Trop compliquée.

​

Alors j’ai fait ce que je savais faire :

je me suis adaptée.

​

J’ai appris à faire taire ce que je ressentais.
À prendre sur moi.
À faire comme si tout allait bien.
À rentrer dans le cadre.

Et pendant un moment, ça fonctionne.

​

Enfin… en apparence.

Parce que mon corps, lui, n’a jamais vraiment joué le jeu.

Il a continué à parler.

À sa manière.

La tension.
La fatigue.
Les réactions que je ne comprenais pas.
Cette sensation de vivre à côté de moi-même.

​

Longtemps, je n’ai pas fait le lien.

Puis j’ai commencé à chercher.

À observer.

À expérimenter.

À m’intéresser au corps, au système nerveux, aux émotions, aux besoins, au fonctionnement du vivant.

​

Et surtout, j’ai commencé à me poser une autre question :

Et si mon corps n’était pas en train de me compliquer la vie ?

Et s’il essayait simplement de me montrer quelque chose ?

​

Petit à petit, j’ai dû commencer à l’écouter autrement.

Et j’ai découvert quelque chose qui a profondément changé ma manière de vivre :

mon corps n’était pas mon ennemi.

Il était précis.
Il était intelligent.
Il avait beaucoup de choses à me dire.

Une véritable boussole.

​

Alors non, je n’ai pas trouvé le mode d’emploi universel.

J’ai commencé à écrire le mien.

Et je continue encore.

​

C’est aussi pour ça que je ne crois pas beaucoup aux méthodes qui nous expliquent comment nous devrions fonctionner.

​

Je crois davantage à l’observation dans l'instant.

Aux questions.

À l’expérimentation.

Aux petits déclics du quotidien.

À cette capacité que nous avons de retrouver nos propres repères lorsque nous arrêtons de chercher systématiquement la réponse à l’extérieur.

​

Aujourd’hui, j’avance quelque part entre structure et intuition, entre concret et subtil.

 

Et c’est depuis cet endroit que j’accompagne.

Celles qui se sentent à côté.
Celles qui se sont beaucoup adaptées.
Celles qui ont appris à douter de leurs ressentis.
Celles qui sentent que quelque chose n’est plus juste.

Celles qui ont envie de retrouver un peu plus d’espace, de liberté et de légèreté.

​

Pas pour devenir quelqu’un d’autre.

Pour pouvoir être davantage elles-mêmes.

​

Jessalynn

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