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La normalité… pour qui, pour quoi ?

  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Pendant longtemps, j’ai cherché à être “normale”.

À fonctionner comme les autres.

À ressentir comme les autres.

À ne pas être “trop”.


Trop sensible.

Trop intense.

Trop réactive.

Trop différente.


Alors, comme beaucoup, j’ai appris à m’ajuster.

Observer.

Comprendre.

Anticiper.

M’adapter.


Et sans m’en rendre compte, je me suis éloignée de ce qui fait que je suis moi.


Une idée construite


La normalité semble évidente.


Mais lorsqu’on s’y attarde, elle devient plus floue.


Qu’est-ce qui est normal ?

Un rythme ?

Une manière de penser ?

Une façon de ressentir ?


La normalité n’est pas universelle.


Elle dépend :

  • d’un contexte

  • d’un environnement

  • d’un groupe

  • d’une époque

  • d'une éducation


Ce qui est considéré comme normal à un endroit

ne l’est pas forcément ailleurs.


Et pourtant, on apprend très tôt à s’y référer,

comme un phare au milieu de la nuit.


S’adapter pour appartenir


Dans la vie en société, l’adaptation est naturelle et saine.


Elle permet :

  • de coopérer

  • de créer du lien

  • de trouver sa place


Mais lorsque la normalité devient une référence à atteindre,

l’adaptation change de nature.


On ne s’ajuste plus seulement.

On se transforme.

On atténue ce qui dépasse.

On retient ce qui dérange.

On modifie ce qui ne correspond pas.


Peu à peu, ce n’est plus simplement un ajustement,

mais une transformation de soi pour entrer dans un cadre.


Et le corps dans tout ça ?


Le corps, lui, ne fonctionne pas selon des normes.


Il fonctionne selon le vivant.

Il ressent.

Il réagit.

Il s’ajuste.



Mais lorsqu’on s’éloigne de ses ressentis pour correspondre à une norme,

le lien se modifie.


On écoute moins.

On analyse plus.

On s’adapte en continu.


Et les repères deviennent flous.


Ma normalité à moi


À l’instant où j’écris ces lignes, voilà ce qui est :


Femme,

Polyallergique sévère,

Grande sensibilité ++,

Système nerveux et immunitaire très réactif.


Cela signifie que

je ne peux pas simplement manger ce qu’il y a dans mon assiette

sans y prêter attention,

ni manger sur le pouce sans l’avoir anticipé,

ni me rendre dans un endroit trop stimulant sensoriellement

sans que cela ait un impact sur mon sommeil.


Pendant un temps, j’ai cherché à faire comme si cela n’existait pas.

Comme si je pouvais contourner,

m’adapter,

faire comme tout le monde.


Mais mon corps, lui, ne faisait pas comme tout le monde.

Et le monde, lui,

sans même l'imaginer,

ne vivait pas ce que je vivais après.


Pendant longtemps, je me suis aussi comparée.

À celles et ceux pour qui tout semblait plus simple.

Plus fluide.

Plus évident.


Pourquoi eux pouvaient,

et pas moi ?


Pourquoi cela demandait autant d’ajustements,

là où, chez les autres, cela semblait naturel ?


Sans prendre en compte que

nous ne partions pas du même endroit,

et que, forcément,

les besoins n’étaient pas les mêmes.


Les étiquettes


Alors, pour moi…

Oui, parfois on me dit que je suis asociale,

que je me donne un genre,

ou que je pourrais faire un effort.


Mais ces “autres” savent-ils le nombre d’efforts que j’ai faits

pour entrer dans leur normalité ?


Savent-ils ce que cela m’a coûté -

En paix intérieure ?

En nuits blanches ?

En insécurité ?


D'ailleurs, je ne sais pas comment cela évoluera,

ni ce qui sera d’actualité

dans un mois,

dans un an,

ou au-delà.


Mais ce que je sais, aujourd’hui,

c'est ce qui est juste,

c’est de faire avec ce qui est là,

et de prendre soin de moi.


Une autre manière de regarder


Et si la question n’était pas :

Suis-je normale ?


Mais plutôt :

Est-ce que ce que je vis me correspond ?

Est-ce que mon rythme me convient ?

Est-ce que ce que je ressens a de la place ?

Est-ce que ma manière de fonctionner me respecte ?


La normalité devient alors un non sujet.

Ce qui prend de la place,

c’est la justesse.


Revenir à soi


Revenir à soi ne signifie pas sortir de toute adaptation.


Mais retrouver un équilibre.

Entre l’extérieur et l’intérieur.

Entre le lien aux autres et le lien à soi.


C’est un mouvement.

Pas quelque chose de figé.

Pas une norme à atteindre.


Pour conclure,


Je dirais que la normalité peut rassurer.


Mais elle peut aussi enfermer lorsqu’elle devient une référence rigide.

Et peut-être que, plutôt que de chercher à être normale,

il est possible d’explorer ce qui est juste pour soi.


Dans ses ressentis.

Dans son rythme.

Dans sa manière d’habiter le monde.


Si ce texte résonne,

et que vous ressentez l’élan

d’explorer ce chemin plus en profondeur,

je suis là pour cheminer à vos côtés.


Jessalynn

 
 
 

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